L'épargne chez les québécois de 18 à 64 ans

24 octobre 2016

Études

SENTIMENTS À L’ÉGARD DE L’ÉPARGNE CHEZ LES TRAVAILLEURS QUÉBÉCOIS DE 18 À 64 ANS

Quels sont les sentiments vécus par les travailleurs québécois âgés de 18 à 64 ans à l’égard de l’épargne? Dans son plus récent sondage, ÉducÉpargne désirait en apprendre davantage à ce propos.

PRINCIPAL SENTIMENT FACE À L’ÉPARGNE

On a voulu savoir, pour les travailleurs visés par le sondage, quel mot résumait le mieux leur principal sentiment face à l’épargne. Les sentiments véhiculés étaient classés dans les catégories suivantes : « sentiments négatifs », « sentiments positifs » et « autre que sentiments » (c.-à-d. que le mot utilisé n’exprime pas véritablement un sentiment). Les sentiments négatifs (36 %) et positifs (35 %) rassemblent des proportions similaires de travailleurs, tandis que 23 % des travailleurs n’ont pas mentionné, à proprement parler, un sentiment vis-à-vis l’épargne.

Voici, dans l’ordre, les trois mots les plus souvent mentionnés :

  • important/essentiel (19 %) – autre que sentiment;
  • à l’aise (bien, correct, bon, etc.) (11 %) – sentiment positif;
  • difficile (11 %) – sentiment négatif.

Sans surprise, les travailleurs qui épargnent très peu ou pas du tout, ou encore ceux qui vivent dans des conditions socio-économiques moins favorables, expriment davantage de sentiments négatifs à l’endroit de l’épargne. D’un autre côté, les travailleurs jouissant d’une situation financière favorable ont plus tendance que les autres à ne pas exprimer de sentiment envers l’épargne. Pour ces travailleurs, le fait d’épargner est tout simplement important.

DEGRÉ DE FIERTÉ PAR RAPPORT À CERTAINES ACTIONS

Une autre façon de mesurer les sentiments envers l’épargne a été de demander aux travailleurs d’indiquer si le fait d’avoir posé certaines actions précises, le cas échéant, les avait amenés à éprouver de la fierté à en parler à leur famille ou à leurs amis. Une de ces actions était évidemment en lien avec l’épargne. Voici ces différentes actions avec, entre parenthèses, les pourcentages de travailleurs éprouvant de la fierté à en parler :

  • finir de payer une dette (83 %);
  • faire des rénovations (80 %);
  • se procurer une nouvelle voiture (71 %);
  • placer de l’argent (64 %);
  • acheter un téléphone cellulaire (26 %).

Il n’est pas surprenant que payer une dette soit une source de fierté pour une forte majorité de travailleurs. En effet, comme le dit l’adage, « qui paye ses dettes s’enrichit »! On remarque aussi que la fierté d’annoncer le paiement d’une dette à ses proches est plus répandue chez les travailleurs dont le revenu est relativement peu élevé. On peut penser que, pour ces derniers, le paiement d’une dette représente un effort considérable, et qu’ils en ressentent donc une plus grande satisfaction.

Naturellement, faire des rénovations est une source de fierté plus répandue chez les travailleurs propriétaires de leur logement ou jouissant d’un revenu familial relativement élevé.

Quant à l’achat d’une voiture, cela procure davantage de fierté aux travailleurs de moins de 35 ans.

Enfin, près de deux tiers des travailleurs sont fiers de dire qu’ils ont placé de l’argent, et cela se vérifie dans une plus grande mesure chez les personnes ayant commencé à épargner en vue de leur retraite. Bien que ce soit une majorité de travailleurs qui soient fiers d’en parler, il n’en demeure pas moins que, parmi les actions proposées, seul l’achat d’un téléphone cellulaire suscite moins de fierté.

RAISONS POUR NE PAS ÉPROUVER DE FIERTÉ À PARLER D’AVOIR PLACÉ DE L’ARGENT

On constate que 36 % des travailleurs n’éprouvent que peu, ou pas du tout de fierté, à parler d’un placement d’argent à leurs proches. Au sein de ce groupe de travailleurs, 51 % considèrent que placer de l’argent revêt un caractère personnel ou privé. Cela représente 18 % de l’ensemble des travailleurs

En outre, environ 19 % de ceux pour qui placer de l’argent ne représente pas une source de fierté invoquent des raisons faisant appel à une certaine retenue pour ne pas en parler avec leurs proches, telles que ne pas aimer parler de ce sujet, de ne pas vouloir faire preuve de prétention ou de ne pas désirer créer de malaise ou de conflit.

PERCEPTIONS SUR L’ÉPARGNE

On a aussi voulu déterminer le degré d’accord des répondants avec certains énoncés, dans le but de dégager des perceptions précises sur l’épargne.

Les travailleurs reconnaissent d’emblée que la société incite davantage à consommer qu’à épargner. Ils s’accordent aussi sur le fait que l’épargne soit une nécessité de nos jours. Ceci se vérifie notamment chez les travailleurs jouissant d’une situation économique confortable. Comme on l’a indiqué plus haut, ces travailleurs ont plus tendance que les autres à penser que l’épargne est importante ou essentielle.

De façon cohérente avec ce qui précède, l’énoncé avançant qu’épargner est un comportement valorisé par la société emporte une faible adhésion. Notons que les travailleurs jouissant d’un revenu familial très faible sont davantage en accord avec cet énoncé.

Finalement, l’épargne n’est pas un sujet tabou dans l’entourage des travailleurs. Cela concorde avec le fait que la majorité des travailleurs éprouve une certaine fierté à parler de leurs placements avec leurs proches. Par contre, les travailleurs en moins bonne situation socio-économique sont plus enclins à penser que l’épargne est un sujet tabou dans leur entourage.

SITUATION PAR RAPPORT À L’ÉPARGNE POUR LA RETRAITE

De façon plus spécifique, on s’est intéressé aux perceptions des travailleurs relativement à l’épargne en vue de la retraite.

On a donc voulu déterminer leur degré adhésion avec les trois énoncés suivants :

  • Vous adoptez les bons comportements d’épargne pour votre retraite;
  • Vous aurez suffisamment d’épargne une fois rendu(e) à la retraite;
  • Vous avez les connaissances nécessaires en finances ou en placements pour prendre les bonnes décisions pour votre retraite.

Il appert que chacun de ces énoncés recueille un niveau plutôt faible d’adhésion. En règle générale, les travailleurs moins scolarisés, moins fortunés et n’ayant pas encore commencé à épargner pour la retraite se sentent plus dépourvus que les autres.

CONCLUSION

À la lueur des résultats qui précèdent, on constante que les travailleurs québécois âgés de 18 à 64 ans ont des sentiments partagés vis-à-vis l’épargne, mais qu’ils éprouvent majoritairement de la fierté à poser certaines actions liées à l’épargne.

En outre, les perceptions des répondants à propos de l’épargne reflètent le fait que la société valorise davantage le plaisir immédiat, soit la consommation, que l’épargne, bien que cette dernière soit tout de même considérée comme une nécessité.

Pour terminer, fait troublant, les répondants se sentent peu préparés pour leur retraite. Il s’agit pourtant d’un aspect fondamental de toute planification financière.

Jean-François Larocque, CPA, CA, Pl. Fin.
Chaire Groupe Investors en planification financière, FSA ULaval
Partenaire de ÉducÉpargne

 

 

 

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